
Christophe Golay
Christophe Golay naît à Genève à la fin des années soixante. Il grandit dans une famille très attachée aux traditions genevoises. Son père, ingénieur en électronique, lui transmet dès son plus jeune âge son goût pour la haute technologie en lui faisant découvrir les mystères de l’informatique et la magie des voitures de course. De son côté, sa mère, professeur d’art culinaire, et passionnée d’architecture d’intérieur, lui apporte un regard artistique et une sensibilité pour l’harmonie des formes et des couleurs.
Possédant une grande aisance pour toute les disciplines scientifiques et animé d’un fervent désir de découvrir et de comprendre le fonctionnement des choses, il choisit d’apprendre le métier de laborant en chimie. Il a alors 15 ans et c’est cette même année qu’il s’achète avec l’argent de ses premiers salaires, une montre chronographe automatique.
Puis il décide de poursuivre sa formation et intègre la toute nouvelle l’école d’ingénieurs du Valais ou il obtient son diplôme d’ingénieur chimiste.
Sa carrière débute dans un centre de recherche pharmaceutique où il va successivement être en charge de la maintenance des équipements de production, de la fabrication à l’échelle pilote, puis de la recherche en galénique. La pertinence de ses travaux mènera la société à déposer un brevet, qu’il développera jusqu’à la production industrielle.
Parallèlement à son activité professionnelle il nourrit sa passion pour l’horlogerie, avec cette voix qui ne cesse de lui dire « un jour, tu travailleras dans l’horlogerie ».
A la mort de son père Roland, Christophe hérite d’une montre de marque « R.Golay » fabriquée sur mesure. Il désire la faire réviser et recherche son créateur. Après quelque mois ponctués de multiples rencontres, Christophe découvre que ce qu’il croyait être une pièce sur mesure n’est en fait qu’un assemblage d’éléments préexistant.
Très vite, Christophe désire réaliser une montre réellement sur mesure.
Qui matérialisera son rêve ? Christophe doit se rendre à l'évidence que ce n’est possible qu’à un coût déraisonnable.
Il entreprend alors de rencontrer chacun des artisans qui maîtrise la fabrication des différents composants de la montre ; horloger, cadranier, maroquinier, graveuse, émailleuse, polisseur, bijoutiers, chaîniste, mécanicien, gainier, fabricant de verre, de vis, de joints, d’aiguilles...
Christophe découvre chaque corps de métier, apprend leurs langages et, surtout, motive ces artisans et les fédère autour d’un projet ; la création et la réalisation de montres sur mesure.
Ce qui est encore une utopie mettra encore trois ans avant de se concrétiser...

Emile Spierer
Emile est né à Genève en 1956. Son père, commerçant de métier et mathématicien de formation mais passionné d’art et de mécanique, s’est installé dans sa cave un parc de machines-outils auxquelles il consacre une partie de ses loisirs. L’odeur de l’huile de coupe et la danse des copeaux imprègnent Emile dès son plus jeune âge. Malheureusement, la maladie emporte Georges Spierer en 1964, laissant son épouse Hélène avec ses jeunes trois enfants à éduquer et élever.
Hélène Spierer, fille d’une des premières femmes ingénieures de France, encadre ses enfants et leur permet à chacun d’achever des études universitaires. C’est ainsi qu’Emile obtient en 1982 un diplôme d’ingénieur en mécanique et thermique à l’école polytechnique fédérale de Lausanne.
Le début des années 80 correspond à une crise profonde dans le monde l’horlogerie avec un grand nombre de disparitions d’entreprises et des licenciements en masse ; le secteur est sinistré. Il n’y a pas de place pour un jeune ingénieur dont l’expérience horlogère se limite à des démontages aussi passionnés qu’irréversibles d’anciennes montres familiales dès l’âge de 8 ans...
Emile fonde un petit bureau d’ingénieur, commercialise des aciers spéciaux et inoxydables et développe des équipements miniaturisés et novateurs pour dentistes. Ses premiers revenus sont consacrés à la restauration de pièces anciennes d’horlogerie et de pendulerie.
En 1986, s’ouvre une opportunité exceptionnelle ; un poste scientifique dans l’administration qui permet de participer au développement de la politique énergétique de Genève. Le peuple vient de modifier sa Constitution et demande une politique engagée en matière d’utilisation rationnelle de l’énergie et de développement des énergies renouvelables. Cela lui donne également l’occasion d’être l’un des acteurs du développement durable à Genève avant même que ce terme soit connu du public, d’en intégrer les principes dans divers systèmes de décisions étatiques liés à l’énergie et d’en enseigner les fondements lors de séminaires à l’attention de professionnels et d’étudiants ingénieurs ou architectes.
Depuis ses études, Emile conserve ses pensées orientées vers le monde horloger. C’est ainsi qu’il transmet sa propre passion à sa famille et à des dizaines de visiteurs qu’il entraîne vers les musées spécialisés de la Chaux-de-Fonds et de Genève ou vers le musée genevois d’histoire des sciences.
La véritable aventure débute au printemps 2000 lorsqu’Emile décide de porter une montre qui soit le reflet de ses désirs. C’est le début d’une quête frustrante car si le marché propose l’acquisition de magnifiques montres, le parcours d’appropriation est inadapté et stérile à son goût. Il aimerait pouvoir assister à la création de sa montre, pouvoir l’influencer, voir l’artisan à sa machine ou à l’établi, sentir les odeurs du métal travaillé. Ce n’est que plus tard qu’il réalise que sa quête n’était pas celle d’une montre mais celle d’un patrimoine à porter au bras.
C’est le genre de difficulté qu’il aime et qui nécessite des remises en question fondamentales et de nouvelles logiques.
C'est précisément dans cet état d'esprit qu'il rencontre Christophe et que leur complémentarité permettra de développer une alchimie étonnante, aussi forte dans ses dimensions humaines que professionnelles.